Theo

Theo

dimanche 14 janvier 2018

L'îlot rêveur

C'est d'une écume calligraphe
que naît la muse callipyge
nue sur cette page de sable

noir. Ainsi s'écrit cette fable
D'ailleurs, du bout d'une rémige
au fond des mers et des carafes

Dunes dénudées sous des nues
d'été. Dans une chambre verte
j'ai laissé ce songe nager

jusqu'à toi...puis s'ennuager
par-delà les villes désertes
où veille une rime inconnue

Est-ce un désir abandonné?
Belle et douce métamorphose
là, sur ces écueils circonflexes

Éclats de nacre ou de cortex
Faut-il un point à toute chose?
Bannir les charmes du Suranné?

C'est d'une écume apothicaire
que naît la muse apocalypse
oniromancienne éperdue

de brumes et d'astres pendus
aux bras des arbres, dieux de gypse
qu'on dit jadis sylves lunaires

Rivée hier à la dentelle
Ombre Éloïse d'autres vers
tantôt, sais-tu, rivière en feu

qui croît encore dans mes cieux
quand la nuit s'écrit à l'envers
sur le granit bleui des stèles

ou bien tantôt fleuve de glace
inexorable confession
pour les poètes disparus

Après la fonte vient la crue
et puis les points de suspension
pour tout ce temps qui ne s'efface
...

vendredi 29 décembre 2017

La demande

Sur le toit funambule un vieux chat de gouttière
et la lune sapée d'oripeaux de brouillard
flotte, fière et folle, dans la nuit souricière
comme le pavillon d'un vaisseau corbillard.

Il manque paraît-il un œil au matou gris
qui épie de sa hune un rat dodelinant
du ventre sur le zinc de la rhumerie
au numéro treize, rue du Fringant Ponant.

Chaque goutte de pluie, danseuse de claquettes
s'invite en mon songe de manière précise;
Mélodie psychotique a picoré ma tête...
Soudain c'est Carnaval! On marche dans Venise

Main dans la main, masques tombés, capes filantes
comme deux étoiles ivres des grands abysses;
Nous coulons de travers vers des fêtes galantes
où tu es l'Océan, moi le dernier Ulysse.

Tes vagues en leurs coeurs portent des nébuleuses
où flammes et glaces se chassent et s'embrassent,
où Vénus cache sous sa coiffe fabuleuse
Saphir que tendrement l'or blanc des nues enlace.

J'attends sous l'horloge d'hiver et de corail
que sonnent un à un douze coups de minuit
pour que naisse l'an bleu au céleste sérail;
Voudrais-tu, Mon Amour, d'un regard me dire Oui!

1 janvier 2017

mercredi 27 décembre 2017

Mercredi 13

Si nos corps s'attirent là comme Lune et Terre
sur les toiles filantes du Maître des Cieux
Dansons donc Mon Amour! Prenons-nous pour des dieux!
Jusqu'à ce que Nuit meure au tout dernier éther

Grisée par le bordeaux de tes lippes marquises
ô je me sens Bacchus au soleil de Cuba!
La grève d'une île par tes vagues conquise
Archipel d'ivresses où sont rois nos ébats

Entends...sous nos chairs nues...toute ingénue s'est tue...
Et mon cœur te jouer au haut bois des amours
ce refrain qui s'en vient comme va petit jour
Ritournelle entêtée pour des cors bien têtus

C'est un air éperdu - boléro de phalènes
que soufflent ces hérauts dans des clarins en or
et mes chairs sont vaisseaux amarrés à ton port
rêvant ton océan au bleu de méthylène

Les voiles déferlées de l'immense Condor
elles aussi rêvent de tes flots indécents
et de ces dunes d'ocre où le soir je m'endors
en priant désormais et tout en t'embrassant

que ces nuits contre toi se comptent par milliers
autant qu'il pleut d'astres dans nos yeux enflammés
Ôtons au temps la vie! Qui pourrait nous blâmer
ô de vouloir briser le joug des sabliers?

vendredi 22 décembre 2017

Venezia

D'écume ou de pierre, elle vient
chaque nuit baiser mes paupières
De vague ou de ciel, elle va
balancer sa croupe isocèle
de porches en ponts, de soupirs
en frémissements...et je suis
barje de son cul comme elle est
barque de mon ru elliptique
élitiste écliptique héraut
érotiquement nôtre lorsque
les églises elles aussi
dans ses cents lagunes s'enlisent
Chantez! Gondola Gondola!
Là sous ses jupes en venelles
Chantez! Gondola Gondola!
Moi je me perds dans ses dentelles
Et l'aube en robe de safran
soliste solstice sautille
de petits pas en petits ponts
Ici c'est la lune qui glisse
Ici c'est le temps qui s'enfuit
à bord d'un cortège d'esquifs
qui fait de récif en récif
si long le lit des amants
De rêve ou de vase, elle passe
sur les canaux et les balcons
De sel ou de verve, elle effleure
doucement le livre des heures
Sonnez! Sonnez! les cors, les cloches
Sont-ce coeurs qui s'en vont, s'envolent?
Sonnez! Sonnez! Beffrois et tours
Pantalon porte un masque de loup
qui lui murmure à nos oreilles
des monstres d'or et des merveilles
De luxe ou de stupre, elle adore
les grands palais, les corridors
De miel ou de fièvre, c'est elle
encore cachée dans les alcôves
crachant de l'eau par tous ses puits
soufflant du verre par ses fentes
Casanova Casanova
connais-tu donc cette histoire d'O?
Casanova Casanova
le coeur qui bat sous le jabot?
De brume ou de brune, elle file
chaque jour bien de mes pensées
Femme en fantôme ou qui sait ville
cité aux mille et un reflets
Le doge est mort! Le doge est mort!
Vive l'hiver et les violons!
Le doge est mort! Le doge est mort!
Vive Arlequin et les chansons

jeudi 21 décembre 2017

Otto Masturb Atik

J'ai fait le tour des cadrans pour me trouver. Le temps, lui, en attendant, tricotait la nuit avec des aiguilles infirmes. Ô cadence bancale! Ô calendes riez! Riez de voir la trop grande ne piquer que du vent et la naine faire sa laine sur le dos des moutons. Bêêê Bêêê Bêtes noires au cœur des nuits blanches que comptent les insomniaques et les écumeurs de chagrin. C'est la danse du Dahu aux pieds des dunes, aux crêtes des vagues à l'âme...Des heures comme des jambes de bois qui vont cahin-caha sur les gaillards d'avant...

J'ai fait le tour de la nuit pour me trouver. Je crois que je me suis perdue dans cette fable où chantaient les fontaines. Une ville à cents têtes qui toujours s'entête à vomir ton nom et la lune dans les caniveaux. Fille d'eau, rêve de pierre, sable hiéronymite.

LISBOA X PRAHA Par YS Bang Bang Coke V né Si à BURDIGALA

Au réveil, j'avais sur les lèvres un peu de pluie. Est-ce toi cette pluie? Toi au compte-goutte? Sérum antique pour âme en kit?

Au réveil, ces mots comme une énigme: les mélodies carrées des rêves prophétiques. J'entends le Père Fouras et la Sphinx se marrer à se lâcher les sphincters! Mais qui du furet qui court ou du curé qui fourre dit la vérité?

Mélodie carrée, mêle aux dits, mélo d'Icare...Icare qui a le ciel pour toit quand moi je n'ai que toi pour ciel. Mais l'eau, dis, c'est encore des larmes de sirènes.

J'ai fait le tour des mots pour me trouver. De Mémos alchimériques à Nabucho Dinosaure. J'ai rencontré Barbe Bleue qui cachait dans son Arme-Moire (ou Âme noire au choix) les cadavres d'ex qui elles aussi contaient des craques, des moutons et des cancans. Dis, quand reviendras-tu? Parce que les maux de Barbara piquent comme des figues de Barbarie.
Puis j'ai croisé un dieu dont le coeur ceint de barbelés saignait comme un hévéa sur le charnier de l'Amazonie. Et lui, qu'a-t-il dit ce dieu?

Au commencement le Vers

Singer tout risque lexical. Singe et thorax de Chat Khal. De Palindrome à Derviche tourneur de page.

Au commencement le Vers

Cinglé touriste en cage! Allez-y à pattes. Mon Je est Autre et moi, tout Queneau...Serial lover the rainbow...

mercredi 20 décembre 2017

Herr Khul

A minuit, allongée dans des flaques de lune,
une nymphe rêvait du grand faune à bascule
qu'elle avait chevauché au milieu des lagunes.
J'étais ce grand faune qu'elle appelait Herr Khul.

Avec semblable nom je me sentais puissant
un guerrier investi d'une noble mission
nerveuse, héroïque et rendant frémissant
ce membre encor caché sous ma sombre toison.

Il s'agissait du cœur bien sûr! Rien que du cœur
qui soudain s'agitait au creux de ma poitrine
et que la penne issue du piège un brin moqueur
d'un Cupidon perçait comme légion d'épines.

J'adorais cette nymphe aux manies un peu folles
eaunaniste aguerrie, reine du crépuscule,
songeant ses courbures aptes aux cabrioles
et son con plus soyeux qu'un col en caracul.

A minuit, étendue sur de tendres spergules,
une nymphe jouait à ôter des glands chus
les petits chapeaux que l'on nomme cupules,
fredonnant des chansons rarement entendues.

Ce n'était pas Fanchon ni la bite à Dudule
mais l'autre langue ici était autant pendue
lorsqu'il est question de faire fi des scrupules
pour croquer goulûment dans le fruit défendu.

A la vue de sa vulve à l'ovale parfait,
pareille aux mandorles qu'habitent certains saints,
je bandais mon bel arc bien plus que satisfait
de tirer là mon coup dans ce divin essaim!

vendredi 8 décembre 2017

L X Cire

C'est au Buis Songe Vers que s'embrassent les fièvres
que d'ardentes messes crépitent sur les lèvres
des nymphéas en verve et des cons qui s'adorent
C'est aussi à ce Buis Songerie que Pan dort

Bucolique buccal délice quand des fées
- ô chimères lovées dans des cheveux défaits -
offrent tout doucement ombres et toisons d'or
C'est encore à ces chairs herbacées que Pan dort

Croissent chevelures bien étranges ramures
J'y écoute aimante les nuées de murmures
Ça chuchote, sais-tu, comme des coffres-forts
C'est toujours pour cette ode alanguie que Pan dort

D'un sommeil melliflu, d'une mort myroblyte
C'est Cypris, C'est Circé, Mélusine ou Lilith
qui se jouent de Césure en la langue d'Amor
C'est alors dans ces corps enlacés que Pan dort

D'une oreille absolue mais velue comme un âne
Les soupirs sont de musc et les notes diaphanes
s'envolent deux par deux vers d'autres thermidors
C'est ainsi, là bercé d'infini que Pan dort...